pollution de l'eau

Source : EauFrance, le Le service public d'information sur l'eau

Lutter contre la pollution de l’eau

La réduction de la pollution des eaux passe essentiellement par l’application de bonnes pratiques par les usagers de l’eau et des milieux aquatiques sur tout le bassin versant. Les objectifs sont multiples : privilégier les activités les moins polluantes, améliorer les usages pour diminuer la quantité de substances utilisées ou rejetées, mais aussi intercepter les flux de polluants dans le bassin versant.

1 .Réaliser une épuration des eaux avant leur rejet direct

Le rejet direct d’eaux usées dans le milieu naturel est interdit : les eaux usées doivent impérativement faire l’objet d’un traitement d’épuration pour éliminer les polluants qu’elles contiennent. Les quantités résiduelles après traitement doivent être suffisamment faibles pour être éliminées par l’autoépuration du milieu (généralement une rivière). Les zonages d’assainissement déterminent les espaces dans lesquels ce traitement relève de l’assainissement collectif ou de l’assainissement non collectif (en savoir plus sur l’assainissement).

En zone d’assainissement collectif, la collecte et le traitement des eaux usées sont réalisés par la collectivité : cela comprend la mise en place du “tout à l’égout”, l’acheminement des eaux en station d’épuration (dite station de traitement des eaux usées), leur traitement, puis leur rejet dans le milieu. Les habitations situées en zone d’assainissement collectif ont l’obligation de se raccorder au réseau de collecte. Pour la collectivité, des rendements minimum d’épuration sont imposés par la directive européenne “eaux résiduaires urbaines” (en savoir plus sur la directive ERU), afin de protéger le milieu dans lequel l’eau est rejetée une fois épurée. Le contrôle du rendement des stations d’épuration est réalisé par la police de l’eau (en savoir plus sur la police de l’eau).

Assainissement collectif

Le portail d’information sur l’assainissement communal du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire met à disposition les dernières données collectées dans le cadre du suivi des mises en conformité des ouvrages d'assainissement.

En zone d’assainissement non collectif, les habitations ne sont pas desservies par le réseau public de collecte des eaux usées. Elles doivent être traitées par les particuliers au moyen de dispositifs dédiés : fosse toutes eaux (anciennement “fosse septique”), micro-station, filtre planté, etc. La réglementation nationale fixe les rendements d’épuration à respecter, ainsi que la liste des dispositifs agréés. S’y ajoute la réglementation locale, via le règlement de service du SPANC (service public d’assainissement non collectif). C’est aussi le SPANC qui réalise les contrôles de conformité des installations chez les particuliers.

Assainissement non collectif

Le portail de l’assainissement non collectif présente de nombreuses informations relatives à l’assainissement autonome, et notamment la liste des dispositifs de traitements agréés.

Les sceptiques de la fosse, Méli Mélo, 2015 (2:47)

Réseaux unitaires ou réseaux séparatifs

Dans certaines communes, les eaux pluviales sont collectées avec les eaux usées : il s’agit de réseaux unitaires. Cette solution permet le traitement en station d’épuration des petits volumes de pluies. Toutefois, lorsque les précipitations sont importantes (durant les orages par exemple), le volume d’eau à traiter peut dépasser la capacité d’accueil de la station, conduisant au court-circuitage de celle-ci pour une partie des eaux usées. Disposer de réseaux séparés de collecte des eaux permet d’éviter le débordement d’eaux usées dans le milieu naturel par temps de pluie (en savoir plus sur l’assainissement).

Les autres activités qui effectuent des rejets dans l’environnement - installation industrielles, élevages ou piscicultures par exemple - sont elles aussi tenues d’en effectuer une épuration préalable. Les limites maximales de rejets en substances polluantes sont fixées par la réglementation dite des installations classées pour la protection de l’environnement (réglementation ICPE), et sont appelées « valeurs limites d’émissions ». Pour effectuer ce traitement, l’installation doit donc s’équiper d’une micro-station d’épuration, ou passer une convention avec une station d’épuration collective proche (c’est souvent le cas des petites installations industrielles). Les exploitations agricoles peuvent aussi relever du régime ICPE.

Par ailleurs, la réglementation ICPE impose à ces installations d’être déclarées auprès de l’inspection des installations classées. Celles qui sont potentiellement les plus polluantes doivent obtenir une autorisation pour pouvoir s’exercer, qui peut s’accompagner de prescriptions techniques visant à diminuer les rejets.

2 .Réduire les risques de pollution accidentelle

Pour limiter les risques d’accident industriel, des précautions relatives à la sécurité sont prescrites pour les installations industrielles dans le cadre de la réglementation ICPE. Elles concernent par exemple les modalités de stockage de certaines substances ou les quantités maximales autorisées sur un même site.
Pour les sites industriels qui présentent des risques majeurs, la réglementation dite “Seveso” - issue de plusieurs directives européennes du même nom - impose une démarche de prévention du risque : délimitation du secteur concerné, modalités d’organisation des secours, information du public, etc.

En outre, la prévention des risques concerne aussi le transport, par le biais de la réglementation des transports de marchandises dangereuses. Elle concerne tous les transports : routier, ferroviaire, fluvial, maritime et aérien. Cette réglementation fixe la liste des marchandises dites dangereuses, prescrit certaines précautions à prendre lors de leur transport, et impose de réaliser des diagnostics des infrastructures de transport (gares, ports, etc.). La déclaration de tous les accidents est par ailleurs obligatoire.

Enfin, concernant le transport de produits pétroliers par bateaux et les marées noires successives ont conduit à une réglementation de plus en plus stricte sur les plans internationaux, européens et nationaux. Constituée de nombreux textes et conventions (convention POLMAR, etc.), elle prévoit notamment un contrôle des navires et de la navigation, et la mise en place d’une coordination des secours pour gérer au mieux les accidents.

3 .Réduire l’utilisation de produits phytosanitaires

La réduction des quantités de produits phytosanitaires utilisées est la première manière de lutter contre la pollution diffuse de l’eau. C’est l’objet du plan Écophyto, qui prévoit de réduire de 50% l’utilisation des pesticides entre 2015 et 2025 (d’après Ministère en charge de l’écologie). Il est pour cela nécessaire que les solutions techniques qui existent pour réduire l’utilisation des pesticides soient plus largement mobilisées : lutte biologique (recours à des prédateurs naturels des ravageurs), meilleure anticipation des maladies et des attaques de ravageurs, procédés physiques comme le désherbage mécanique, etc.

Le plan Écophyto vise aussi à accompagner l’évolution vers des pratiques agricoles qui nécessitent moins de produits phytosanitaires : agriculture raisonnée, etc. Certaines pratiques permettent même de supprimer totalement l’utilisation de ces substances, comme l’agriculture biologique par exemple.

Par ailleurs, la formation des vendeurs, des conseillers agricoles et des agriculteurs à la bonne utilisation des pesticides est désormais obligatoire, via un certificat - le Certiphyto. Sa détention est requise pour acheter et utiliser ces produits, et fait suite à une formation pour apprendre à les utiliser de manière raisonnée.

En parallèle, pour protéger la santé des personnes et la qualité de l’eau, la réglementation réduit progressivement l’utilisation des pesticides par les collectivités et les particuliers. Depuis 2017, leur emploi est interdit dans les espaces verts, et ils ne sont plus disponibles à l’achat en libre-service. Depuis le 1er janvier 2019, leur utilisation n'est plus autorisée par les particuliers.

4 .Réglementer la fertilisation des sols

Afin de limiter les apports de nutriments dans les milieux aquatiques, la fertilisation des sols par des effluents d’élevage (fumier, lisier, etc.) ou des engrais de synthèse est encadrée par la réglementation. L’objectif de ces différentes dispositions est de ne pas apporter plus d’azote au sol qu’il n’est capable d’en contenir, afin de minimiser son export vers les milieux. Cette réglementation peut s’appliquer de différentes manières selon les cas : directive nitrates dans les zones vulnérables, bonnes conditions agro-environnementales des exploitations agricoles (dans le cadre des subventions de la PAC), classement ICPE des élevages ou, en dehors de ces cas, à travers les règlements sanitaires départementaux.

La fertilisation doit donc faire l’objet d’une planification, c’est-à-dire d’une programmation à l’avance pour s’assurer de ne pas dépasser la dose maximale. Elle est réalisée grâce à un plan de fumure ou un plan d’épandage, qui tient compte notamment de la richesse en nutriments des engrais à épandre, et de la capacité naturelle des sols à retenir les nitrates.

La réglementation s’applique aussi aux conditions d’épandage pour limiter la fuite des engrais vers les milieux aquatiques - il est par exemple interdit d’épandre du fumier ou du lisier sur la neige ou des sols gelés. Par ailleurs, les épandages doivent être réalisés à une distance suffisante des points d’eau (ruisseau, rivière, plan d’eau, etc.) pour éviter toute contamination directe.

5 .Éviter les transferts aux milieux aquatiques

La lutte contre la pollution diffuse passe par la limitation des transferts directs aux milieux aquatiques. C’est l’objet de certaines règles relatives à l’épandage : interdiction de traiter les fossés par exemple. Concernant les produits phytosanitaires, une zone non traitée doit être maintenue autour des points d’eau (ruisseau, rivière, plan d’eau, etc.). Sa largeur varie de 5 à 50 mètres, en fonction de divers paramètres - notamment la dangerosité des produits.

 

 

Fossé traité au Roundup, un désherbant chimique

L’amélioration de l’équipement est une solution complémentaire. En effet, lors du traitement des sols, une partie des produits épandus peut être emportée par le vent, et se déposer dans les milieux aquatiques. L’utilisation de dispositifs d’aspersion plus performants peut limiter ce phénomène, contribuant ainsi à réduire les contaminations directes.

Une solution complémentaire consiste à favoriser l’interception des polluants dans le bassin versant, notamment grâce à l’hydraulique douce. Ce sont des éléments du paysage tels que des bois, des haies, des talus ou des bandes enherbées par exemple, qui sont positionnées de manière à intercepter les écoulements d’eau en surface. La présence d’une végétation permanente y ralentit la vitesse de l’eau, qui s’infiltre dans le sol au lieu de rejoindre les milieux. Les polluants qu’elle transportait sont alors interceptés dans le sol. Le long de certains cours d’eau, le maintien de zones enherbées est une obligation réglementaire.

Le transfert des polluants vers les milieux aquatiques peut aussi résulter de l’artificialisation des sols et des milieux, ainsi que de l’érosion. La lutte contre l’artificialisation et la réduction du phénomène d’érosion contribuent donc à limiter ces transferts.

6 .Encadrer ou interdire l’usage de substances dangereuses

Certaines substances sont particulièrement dangereuses pour les milieux et la santé, soit parce qu’elles ne sont pas biodégradables et s’accumulent, ou par exemple parce qu’elles sont cancérogènes. Il est alors préférable d’interdire leur production et leur usage pour protéger l’environnement et la santé.

Ainsi, plusieurs substances ont fait l’objet d’interdictions. Le chlordécone, insecticide utilisé en outre-mer dans les bananeraies, a fait l’objet d’une interdiction en 1993. Autre exemple, depuis 2007 les lessives et autres détergents domestiques ne doivent plus contenir de phosphates, pour limiter l’eutrophisation des rivières. Le règlement européen  « POP » (pour polluants organiques persistants) interdit quant à lui depuis 2004 la production, la mise sur le marché et l’utilisation de ces substances, particulièrement toxiques et difficiles à éliminer : PCB, dioxines, certains pesticides, etc.

La réglementation prévoit que la dangerosité des nouvelles substances soit évaluée avant leur commercialisation. Toutes les substances chimiques importées, produites ou vendues doivent faire l’objet d’une évaluation des risques en application du règlement européen REACH. Pour celles qui représentent un risque pour l’environnement, leur utilisation peut être soumise à autorisation et, pour les substances les plus dangereuses, subir des restrictions d’usages ou être interdites.

Ce mécanisme s’applique aux pesticides et aux biocides par le biais d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), indispensable pour en permettre la commercialisation. Délivrée au niveau national (par le ministère de l’agriculture ou de l’environnement) ou au niveau européen (par la Commission européenne), l’AMM tient compte d’une évaluation des risques que représente la substance sur la santé et l’environnement, ainsi que de son efficacité. L’AMM précise les conditions d’utilisation à respecter, notamment les doses maximales applicables.

Une liste de substances identifiées comme prioritaires et comme dangereuses est établie en application de la directive-cadre sur l’eau (en savoir plus sur la DCE). Les États-membres prennent les mesures nécessaires pour réduire progressivement leur rejet dans les milieux. Pour les substances dangereuses, un objectif d’arrêt des rejets au plus tard 20 ans après leur classement est fixé aux États-membres.

7 .Protéger les captages d’eau

Les captages d’eau sont les ouvrages de prélèvement qui exploitent une ressource en eau, superficielle (rivière, lac) ou souterraine (nappe phréatique). L’eau prélevée - appelée eau brute - sert notamment à la production d’eau potable après une étape de potabilisation. Pour protéger la santé humaine et limiter les coûts des traitements de potabilisation, l’eau brute doit être de la meilleure qualité possible, ce qui justifie la mise en place de protection des captages.

Le Code de la santé publique prévoit donc que les captages fassent l’objet de périmètres de protection qui réglementent les activités qui se déroulent à proximité des ouvrages de prélèvement, dans l’objectif d’éliminer tout risque de contamination de l’eau brute. Ainsi, tout accès à l’ouvrage de prélèvement d’eau est directement interdit (périmètre de protection immédiat clôturé). Sur un secteur un peu plus vaste (périmètre de protection rapprochée), toutes les activités susceptibles de provoquer une pollution sont interdites : construction de bâtiments, dépôt d’ordures, rejet, etc.
Parfois, certaines activités à risque peuvent être réglementées sur une distance un peu plus grande (périmètre de protection éloigné), comme par exemple une installation industrielle couverte par la réglementation ICPE.

 

 

Captage d'eau potable

 

 

Les différents périmètres de protection des captages d’eau potable

Pour les captages particulièrement stratégiques pour l’alimentation en eau potable, ou pour lesquels un risque lié aux pollution diffuses est identifié, une démarche de protection de l’aire d’alimentation du captage « AAC » peut être engagée. Cette aire correspond à la surface sur laquelle s’infiltrent les eaux qui alimentent le captage. Elle est donc beaucoup plus étendue que les périmètres de protection. Une fois l’AAC délimitée, un diagnostic est réalisé pour identifier les risques de pollution, et donne lieu à la mise en place d’un programme d’action ayant pour but de réduire ces risques : limiter la dispersion des polluants, raisonner et réduire le recours aux pesticides et aux engrais, etc.

8 .Dépolluer, une solution difficile et coûteuse

La dépollution est une solution difficile à mettre en oeuvre pour de nombreuses raisons. Les substances provenant de rejets ponctuels se disséminent dans les milieux aquatiques, et peuvent contaminer de très grands espaces. De plus, les polluants peuvent se retrouver à différents endroits : dans l’eau, mais aussi dans les êtres vivants (le biote) ou les sédiments (la vase, en particulier). À ces difficultés s’ajoute la très grande résistance de certains polluants, difficiles à dégrader (c’est notamment le cas des POP, polluants organiques persistants). En outre, la dépollution peut générer des effets néfastes sur le milieu et sa biodiversité si elle provoque des altérations hydromorphologiques.

Ainsi, la dépollution des milieux aquatiques se limite surtout à l’extraction de sédiments contaminés dans certains cas particuliers, essentiellement les canaux artificiels et les rivières canalisées. Cette solution demeure coûteuse, d’autant plus qu’après avoir été enlevés du lit, les sédiments doivent souvent faire l’objet d’une décontamination.

En cas de marée noire, une dépollution du littoral peut être nécessaire. Ces opérations de grande ampleur doivent être menées de manière coordonnée et organisée pour ne pas aggraver les conséquences de la pollution.

La potabilisation : un cas particulier de dépollution

Une phase de dépollution intervient lors du processus de potabilisation. Pour protéger la santé humaine, plusieurs étapes de la fabrication de l’eau potable ont pour objectif d’éliminer les polluants. Toutefois, ces traitements ont un coût important, ce qui contribue à l’augmentation du prix de l’eau (en savoir plus sur le prix de l’eau). En outre, passé un certain seuil de pollution, ils ne permettent plus d’éliminer suffisamment de polluants pour respecter les normes. Dans ce cas, l’eau ne peut plus être distribuée. Pire, lorsque cette pollution persiste, la ressource utilisée - qu’il s’agisse d’un cours d’eau, d’un plan d’eau ou d’une nappe souterraine - ne peut plus être utilisée et doit être abandonnée.

EauFrance, le Le service public d'information sur l'eau

Impacts de la pollution de l'eau

Les conséquences de la pollution des milieux aquatiques sont multiples. Elles conduisent à des mortalités massives d’espèces , mais elles ont aussi des effets moins visibles : une eutrophisation des milieux, des effets toxiques à plus ou moins long terme, des maladies ou des perturbations endocriniennes.

1 .

Les mortalités liées aux altérations de la physico-chimie

Les altérations physico-chimiques sont des modifications des caractéristiques des milieux, comme la salinité, l’acidité ou la température de l’eau. Passé un certain seuil, ces modifications deviennent toxiques pour les organismes vivant dans le milieu.

Parmi tous les paramètres qui constituent la physico-chimie, l’oxygène est particulièrement déterminant pour la faune et la flore. Une quantité d’oxygène dissous trop faible pour assurer la vie des êtres vivants est qualifiée d’hypoxie. L’anoxie est le stade ultime, où il n’y a plus d’oxygène dissous dans l’eau. Les épisodes d’hypoxie peuvent être la conséquence d’un apport trop important de matières organiques (en savoir plus sur les matières organiques). Celles-ci sont dégradées par les bactéries du milieu, qui consomment  l’oxygène dissous dans l’eau lors de ce processus. Toutefois, l’hypoxie peut avoir d’autres origines : augmentation de la température de l’eau (l’oxygène étant moins soluble dans l’eau chaude), stagnation de l’eau, rejet d’eau désoxygénée, eutrophisation etc.

Les phénomènes d’hypoxie et d’anoxie ont de lourds impacts sur la biodiversité, essentiellement du fait des épisodes de mortalités qu’ils provoquent. Les poissons sont particulièrement touchés, mais globalement tous les animaux et les plantes pâtissent d’un manque d’oxygène.
De nombreux autres paramètres physico-chimiques sont déterminants : par exemple, de nombreux organismes d’eau douce (poissons, amphibiens, etc.) ne sont pas capables de survivre à une salinité supérieure à 3 grammes de sel par litre d’eau.

Poissons morts

Tous les usages de l’eau et des milieux qui dépendent du vivant peuvent être impactés par les altérations physico-chimiques si elles conduisent à des mortalités : la pisciculture, la conchyliculture, la pêche professionnelle comme la pêche de loisir, etc.

D’autres formes de mortalités

Les mortalités de la faune et la flore peuvent avoir d’autres origines. C’est notamment le cas lors des marées noires, où les hydrocarbures de type lourd (pétrole brut et autres types de fioul) ont de multiples impacts liés à l’engluement physique qu’ils provoquent : la végétation recouverte est étouffée, les oiseaux mazoutés sont incapables de voler et ne peuvent plus s’alimenter, etc. Les hydrocarbures légers tels que les carburants ont plutôt des effets toxiques.

Les déchets peuvent aussi nuire à la biodiversité, en particulier aux animaux marins et côtiers qui les confondent avec des proies et les ingèrent. Par ailleurs, les fragments de plastiques issus de la dégradation des déchets peuvent avoir des effets toxiques ou provoquer des perturbations endocriniennes chez les organismes qui les ingèrent.

2 .

L’eutrophisation des milieux

L’eutrophisation est l’ensemble des symptômes que présente un écosystème aquatique à la suite d’un apport excessif de nutriments - en particulier le phosphore et l’azote - d’origine humaine (en savoir plus sur l’azote et le phosphore). L’apport de substances qui contiennent ces nutriments - comme par exemple les nitrates et les phosphates - stimule fortement la croissance des organismes végétaux, entraînant le développement soudain de plantes ou d’algues, qualifié de “prolifération végétale”. Ce phénomène est accentué par les températures élevées, l’abondance de lumière et le faible renouvellement de l’eau.

Prolifération algale dans un plan d'eau en Maine-et-Loire, manifestation du phénomène d'eutrophisation OIEau

Les proliférations végétales impactent les milieux et leur biodiversité. Elles entraînent une augmentation de la consommation d’oxygène, notamment la nuit (par la respiration des végétaux) ou lorsque des grands volumes de plantes se décomposent. Des mortalités soudaines d’organismes vivants peuvent alors se produire à cause d’un manque d’oxygène.

L’eutrophisation peut aussi avoir des conséquences sur la santé : certaines espèces d’algues proliférantes produisent des toxines dangereuses, et peuvent par exemple nécessiter l’interdiction de la baignade en cas de prolifération (cas des cyanobactéries). De plus, la décomposition de volumes importants de plantes mortes produit des gaz toxiques : c’est un phénomène régulièrement observé sur les plages des eaux côtières victimes de l’eutrophisation (cas des algues vertes).

Prolifération d'algues vertes sur une plage en Bretagne

Enfin, ce phénomène peut impacter de nombreux autres usages : les proliférations végétales peuvent rendre impossible l’accès aux milieux, contraignant la pratique de la navigation par exemple. Elles peuvent obstruer le matériel utilisé pour les prélèvements d’eau. Les risques toxiques liées aux proliférations peuvent aussi impacter la pisciculture ou l’élevage, lorsqu’ils provoquent des mortalités d’animaux.

3 .

Des effets toxiques sur les êtres vivants

À partir d’une certaine dose, les substances polluantes ont un effet toxique sur les êtres vivants. Cela signifie que, lorsqu’elles pénètrent dans l’organisme (essentiellement par ingestion, mais parfois par respiration), elles sont néfastes à sa survie ou sa santé. Une distinction est faite entre la toxicité aigüe et la toxicité chronique.

La toxicité aiguë est la réaction soudaine de l’organisme à une quantité importante d’une substance toxique. Elle peut entraîner la mortalité partielle ou totale des différents êtres vivants dans le milieu pollué. Parfois, elle ne provoque pas de mortalité mais réduit fortement la capacité des organismes à survivre à une autre perturbation.

La toxicité chronique est la réaction d’un organisme exposé sur une longue période à de petites quantités de substances polluantes. Elle fait suite à la présence régulière (voire permanente) de ces substances en faible concentration dans l’eau. Elle peut provoquer des maladies, des déficiences physiologiques (le dysfonctionnement d’un organe par exemple), mais peut aussi affecter la reproduction.

En outre, certains polluants ne sont pas biodégradables et s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire. Pour ces substances, même si elles se trouvent en petites quantités dans le milieu, sans conséquences sur les organismes, des effets toxiques peuvent s’observer chez les espèces prédatrices situées en haut de la chaîne alimentaire.

Un effet cocktail potentiel

Lors de l’exposition à un mélange de substances potentiellement toxiques, la toxicité du mélange est parfois plus importante que la toxicité de chaque substance prise individuellement : c’est ce qu’on appelle l’effet cocktail. Il s’explique par une action synergique de ces substances sur les organismes. Ainsi, deux substances individuellement sans effet deviennent toxiques si elles sont en présence, par exemple parce que la première bloque le métabolisme qui permettait à l’organisme de se défendre contre l’effet de la seconde.

Dans la mesure où les organismes sont souvent confrontés à plusieurs milliers de substances chimiques différentes dans leur environnement, les effets cocktails sont très difficiles à étudier et à évaluer, les combinaisons étant infinies.

La santé humaine peut ainsi être menacée en cas d’ingestion d’eau polluée. Toutefois, les traitements de potabilisation visent à éviter ce risque, en éliminant les substances toxiques de l’eau potable. Si la pollution de l’eau est trop forte, il est néanmoins parfois impossible de respecter les normes de potabilisation en dépit des traitements : l’eau ne peut alors pas être distribuée (en savoir plus sur l’eau potable).

Le risque pour les êtres humains peut ainsi provenir de la consommation d’organismes aquatiques ayant été au contact de l’eau - poissons, mollusques, crustacés, etc. - car susceptibles d’accumuler les polluants dans leurs tissus.
Des contrôles existent avant la commercialisation des produits pour éviter les risques : lorsqu’une pollution est avérée, la vente des produits est interdite. La santé est protégée, mais les activités économiques - la conchyliculture, la pisciculture, la pêche professionnelle - sont fortement impactées.
Dans le cas de la pêche de loisir, il n’y a pas de commercialisation, donc pas de contrôle : c’est au pêcheur lui-même de s’informer sur les risques éventuels dans les secteurs où il pêche.

4 .

La contamination microbiologique des êtres vivants

Une contamination microbiologique correspond à la présence dans l’eau de bactéries, de parasites ou de virus pathogènes, c’est-à-dire capables de provoquer des maladies. Essentiellement d’origine fécale, leur présence dans l’eau est principalement liée au rejet d’eaux usées insuffisamment épurées dans le milieu. D’autres types de microbes peuvent aussi être transmis par la présence de cadavres d’animaux - dans un ruisseau par exemple. Dans les milieux stagnants, comme les plans d’eau, existent aussi des cyanobactéries : ces algues microscopiques ne transmettent pas de maladies, mais elles peuvent produire des toxines potentiellement mortelles.

Les organismes pathogènes transmis par l’eau provoquent généralement des diarrhées et des gastro-entérites, mais parfois des maladies dangereuses comme le choléra ou la salmonellose. La transmission à l’homme se fait par ingestion (lors de l’alimentation ou d’une baignade) ou à travers des blessures de la peau en contact avec de l’eau contaminée. Elle peut aussi intervenir en cas de consommation de coquillages - comme les moules ou les huîtres - qui concentrent les microorganismes dans leur chair. La surveillance de la qualité de l’eau destinée à l’alimentation en eau potable ou à la baignade permet heureusement de limiter fortement les transmissions à l’homme.

Eaux de baignade

Le site Baignade du ministère en charge de la santé répertorie les zones de baignade de France et leur qualité d’eau actuelle et passée. Consultez les données sur l’ensemble des sites.

Les impacts des contaminations microbiologiques sont surtout économiques : interdiction de la baignade en secteur touristique, interdiction de commercialisation de fruits de mer, interdiction de la pêche à pied, coûts supplémentaires de potabilisation, etc.

Conchyliculture Atlas des zones de production et de reparcage de coquillages

L’atlas des zones de production et de reparcage de coquillages présente l’ensemble des zones professionnelles françaises de production et de reparcage de coquillages ainsi que leurs classements et statuts sanitaires.

5 .

Les perturbations endocriniennes

Certaines substances sont capables d’interagir avec le système hormonal, en particulier les fonctions reproductrices ou le métabolisme. En effet, leur structure moléculaire est suffisamment proche de certaines hormones naturelles - la testostérone par exemple - pour perturber le fonctionnement naturel du système hormonal. Ainsi, l’effet de ces polluants n’est pas directement toxique mais provoque des modifications d’ordre physiologique, appelées perturbations endocriniennes. Par ailleurs, ces substances peuvent avoir un effet même à de très faibles doses, comme les micropolluants. Elles sont susceptibles d’avoir des effets différents, ou renforcés, lorsqu’elles sont en mélange.

Dans la mesure où les systèmes hormonaux existent chez les animaux comme chez les végétaux, les perturbations endocriniennes peuvent affecter toute la biodiversité des milieux. Les conséquences peuvent être très variées, mais conduisent globalement à un déclin des populations. Par exemple, le tributylétain (biocide contenu dans les peintures des coques de bateaux) a été interdit parce qu’il provoque chez certains mollusques une masculinisation des femelles (croissance des organes reproducteurs mâles), les rendant stériles.

Les traitements de potabilisation de l’eau visent à éliminer les substances polluantes contenues dans l’eau, afin de protéger la santé des personnes.

manifeste bassin versant 2

 

Genèse du Manifeste

Seulement 33% des cours d'eau bretons sont en "bon état écologique". Ce chiffe tombe à 3% en Ille-et-Vilaine ! 
Un manifeste co-écrit en 2019 avec l'Arbre Indispensable, Eau et Rivière et Bretagne Vivante, soutenu par plusieurs autres associations, expose des propositions d’actions concrètes pour faire face à l’urgence sanitaire et climatique.

Nous y proposons d'expérimenter sur le bassin-versant de la Chèze-Canut une agriculture sans pesticide pour garantir une eau de qualité aux 400 000 citoyens qui s'en servent et regagner la biodiversité des bocages.

Ces associations de défense de l’environnement ont lancé un appel aux élus et aux candidats aux élections municipales dans le pays de Rennes : prendre position en faveur de l’arrêt des pesticides sur les aires d’alimentation des points de captage d’eau potable. 

440 000 habitants

Le bassin-versant de la Chèze-Canut  représente une part importante des besoins en eau potable des 440 000 habitants desservis par la collectivité Eau du bassin rennais. L’eau potable est une ressource essentielle, et sa qualité comme sa quantité sont liées à la fois aux pratiques humaines et au bon fonctionnement écologique et hydraulique des bassins-versants. L’arrêt des pesticides est pour nous un préalable indispensable pour répondre aux enjeux sanitaires, environnementaux, climatiques, alimentaires et de biodiversité. 

Reconquête de la qualité des eaux bretonnes 

Ces associations proposent que cette expérimentation se traduise par un plan d’action en six volets :

  • système de production agricole (conversion vers l’agriculture biologique),

  • restauration de la trame bocagère et hydraulique (aménagement foncier à objectifs environnementaux),

  • volet alimentaire (valorisation des produits agricoles),

  • volet foncier/emploi (soutien aux installations et reprises d’exploitation pour des projets agroécologiques),

  • volet financier (mobilisation des financements publics au bénéfice de cette transition),

  • volet animation/formation/recherche.

Ces associations assument avec force qu’il ne peut y avoir de reconquête de la qualité des eaux bretonnes et de lutte contre le changement climatique sans une réorientation en profondeur du système agricole et alimentaire. Les prochaines élections municipales sont l’occasion de formuler un tel projet décisif pour l’avenir des jeunes générations du territoire.

 

 

 

 

Stop aux pesticides sur les bassins-versants d’eau potable

Que l’on donne une seule et bonne raison pour les générations futures de continuer à
autoriser les pesticides sur les bassins versants des réserves d’eau potable.

Nos associations lancent un appel aux élus du pays de Rennes (communes, métropole, syndicats) et d’ailleurs, à interdire les pesticides sur les aires d’alimentation des points de captage d’eau potable.

Citoyens et associations constatent, chaque jour avec un peu plus d’amertume, la gravité et l’urgence des enjeux environnementaux et sanitaires (pollution de notre eau, nos sols, notre air). Les politiques publiques actuelles n’ayant pas été suffisamment ambitieuses, ne répondent plus aujourd’hui qu’aux intérêts d’une minorité et desservent l’intérêt général .

Des initiatives qui ne demandent qu’à être amplifiées

Heureusement, des citoyens, des paysans, des associations et des collectivités territoriales sont déjà en action et portent la transition sur leur territoire. Sans être exhaustif :

  •  l’interdiction d’épandre des pesticides à moins de 150 m des habitations sur la commune de Langouët déjà soutenu par des centaines de milliers de personnes

  • la condamnation de l’État en juin 2019 par les associations pour ne pas avoir protégé les riverains face à ces épandages de pesticides

  • la montée en puissance du mouvement « nous voulons des coquelicots ! »

  • Mais aussi les conversions toujours plus nombreuses vers une agriculture biologique, le développement des circuits de proximité, la consommation de produits de meilleure qualité, moins transformés…

L’arrêt des pesticides sur les bassins-versants est le préalable indispensable pour répondre aux enjeux de santé publique, environnementaux, climatiques, alimentaire et de biodiversité.

Pour une expérimentation sans pesticides sur le bassin-versant de la Chèze-Canut !

C’est pourquoi nos associations demandent qu’une expérimentation soit menée sur le bassin-versant de la Chèze-Canut. En effet, il représente 33 % des besoins en eau potable des 440.000 habitants de la métropole rennaise. Du fait d’une surface très réduite (63 km2) il permettrait d’atteindre des objectifs concrets et rapides en impliquant l’ensemble des acteurs du territoire.

Nos associations proposent que cette expérimentation se traduise par un plan d’action volontariste et réglementaire pour répondre en 6 volets à ces enjeux santé – climat – alimentation – biodiversité – économie

  1. Volet système de production agricole : Conversion vers l’agriculture biologique par un accompagnement des agriculteurs

  2. Volet restauration de la trame bocagère et hydraulique : aménagement foncier à objectifs environnementaux sur la base de la charte de l’Arbre Indispensable

  3. Volet alimentaire : Valorisation des produits agricoles via des engagements de la collectivité, permettant une juste rémunération des paysans

  4. Volet foncier : soutien aux installations et reprises d’exploitation pour des projets agricoles à forte valeur ajoutée environnementale, sociale et territoriale

  5. Volet financier : Mobilisation des financements publics (fonds européens, aides agricoles et environnementales…) au bénéfice de cette transition

  6. Volet animation/formation/recherche : Un tel projet de territoire nécessite une animation et une coordination pour permettre une vision globale et non-sectorisée de l’aménagement du territoire. Cette démarche servira de support de formation pour l’enseignement agricole, agents des collectivités, étudiants…

Il convient d’affirmer avec force, qu’il ne peut y avoir de reconquête de la qualité des eaux bretonnes et de la lutte contre le changement climatique sans une réorientation en profondeur du système agricole et alimentaire. Prétendre lutter successivement et séparément contre chacune de ces atteintes à l’environnement revient à s’épuiser financièrement pour des résultats modestes et hors de proportion avec les budgets engloutis.

Nos associations sont prêtes à s’investir dans ce projet et invitent les élus et politiques à venir les rencontrer pour échanger.

Bretagne Vivante, Eau et Rivière 35 et L’Arbre Indispensable co-signé par la Société d’Horticulture 35, l’association de AMAP d’Armorique, les ColocaTerre, CoBen, Libre Canut, Le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, Les coquelicots de Betton et Vert Demain.

 

Les manifestes

 

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9 allée de la ferme

35830 Betton

+33 6 75 29 49 57

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